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Sélection

Pile à lire post-confinement #2 Ces livres féministes publiés à quelques jours du confinement

Chaque semaine, partager 5 livres que j'aimerais lire. Dans un futur non défini. Pour le moment j'ai le privilège d'avoir des livres sous la main. Oui, avoir des livres non lus sur ses étagères et sur celles de ses parents, c'est un immense privilège et bien le signe d'un certain patrimoine culturel. Je ne l'oublie pas. Alors ces livres que je mentionne, c'est plutôt pour l'après. Je vous invite au passage à lire l'article de Benoît Virot sur Mediapart , par lequel il apporte un regard critique sur la chaîne du livre et en particulier sur le positionnement de la presse littéraire depuis le début de la crise sanitaire. Son propos est intéressant, même si je ne suis pas entièrement d'accord avec ses arguments. De mon point de vue, il est important de continuer à faire exister les ouvrages dans l'espace public, de nouveauté et de fonds.  Aujourd'hui j'ai pensé à ces ouvrages publiés juste avant le confinement, à ces ouvrages dont le

Offrir des livres : de quelques alternatives à Amazon



J'ai commencé par écrire, je dois dire, un très gros pavé pour accompagner l'ambition principale de cet article : vous donner quelques alternatives à l'achat de livres sur Amazon. L'approche de Noël est l'occasion de vous partager ces quelques pistes, dans l'idée que peut-être, vous comptiez offrir des livres à votre entourage. Mais ça vaut pour toute l'année, évidemment.

J'ai décidé de présenter d'abord les alternatives avant de revenir sur les raisons qui me motivent à publier cet article et de vous faire part de mes réflexions sur le sujet. Je précise que ces alternatives ne sont pas nécessairement l'équivalent des services proposés par Amazon en termes de délais de livraison et de choix notamment ; quoique, ça reste à voir.

Donc, voici quelques possibilités :

Se rendre en Librairie, simplement 

La France est caractérisée par un réseau très dense de librairies. Il existe près de 3000 librairies indépendantes sur notre territoire. Sans compter l'ensemble des points de vente de livres : grandes surfaces, maisons de la presse, etc. Comme beaucoup d'autres choses, il est vrai que les librairies sont très concentrées en Île-de-France, région qui compte plus de 1000 librairies (sources : data.gouv.fr). Mais, donc, si vous habitez en Île-de-France, il y a de forte chance que vous ayez comme moi une voire plusieurs librairies à moins de cinq minutes à pied de chez vous. Profitez-en. Au cas où, sachez aussi que le prix des livres est le même partout, vous ne paierez pas un livre neuf moins cher sur Amazon (depuis la loi Lang de 1981). Et si Amazon contourne cette loi un jour, vous admettrez que ce sera une raison de plus d'éviter d'y avoir recours (cette pratique se profile en Italie, par exemple).

Passez commande auprès de votre libraire 

Si vous ne trouvez pas votre bonheur en librairie, sachez qu'il est possible de passer commande auprès de votre libraire. Vous n'aurez ensuite qu'à patienter quelques jours et venir récupérer le livre dans votre librairie (la plupart d'entre nous pouvons nous permettre cette attente, je crois). 

Utiliser des portails internet nationaux, régionaux et des sites internet propres aux librairies 

Si vous avez une idée précise du livre que vous souhaitez acheter (même si c'est bien, aussi, de ne pas toujours avoir des idées précises), sachez que plusieurs outils ont été créés pour que vous puissiez savoir où trouver celui-ci près de chez vous. Des portails nationaux, regroupant des centaines voire des milliers de librairies traditionnelles, existent dans l'idée qu'Internet et le commerce en ligne, peut, dans certaines conditions, accompagner le commerce traditionnel. 


Sur Place des libraires, par exemple vous pouvez : 
- Vérifier la disponibilité d'un titre dans les librairies près de chez vous 
- Réserver le livre souhaité et passer le récupérer en librairie 
- Demander une expédition à domicile à une des librairies qui proposent ce mode de livraison 

Je vous invite également à consulter les portails régionaux de librairies indépendantes (dont vous trouverez une liste ici), comme Paris Librairies et Librairies indépendantes en Nouvelle-Aquitaine

Sachez aussi que beaucoup de librairies aujourd'hui possèdent leur propre site internet sur lequel vous pouvez généralement passer commande et récupérer le(s) livre(s) commandé(s) en librairie voire vous les faire livrer à domicile. Les sites internet des librairies, bien souvent, font figurer les coups de coeur des libraires, les prochains événements organisés en librairie, voire des podcasts comme sur le site internet de la librairie Mollat (Bordeaux) ; une importante médiation. 

Acheter des livres d'occasion 

Petit aparté sur les livres d'occasion : je ne sais pas tellement comment me positionner sur la question des livres d'occasion. C'est un marché parallèle à celui des livres neufs. D'un côté je souhaite consommer de manière responsable et pour cela, acheter d'occasion me semble être une option intéressante ; que ce soit des livres ou autre chose. D'un autre, j'ai envie de soutenir les métiers du livre qui ont besoin des revenus générés par le marché des livres neufs. Ceci-dit, il me semble que le marché des livres d'occasion est quand même bien loin de concurrencer sérieusement celui des livres neufs, pour le moment, et j'ai conscience que le marché des livres neufs doit être remis en question sur certains aspects que ce soit sur le plan économique ou sur le plan écologique.

Ceci-dit, cela peut être intéressant d'offrir des livres d'occasion à Noël. Sachez que vous pouvez trouver des livres d'occasion dans certaines librairies, sur les réseaux sociaux et même sur Vinted, bien que le choix soit nécessairement restreint ! 

Pour le reste de l'année : profiter des bibliothèques 

16 000 bibliothèques publiques survivent sur notre territoire. Nous pouvons y emprunter des livres gratuitement la plupart du temps, ou en payant un abonnement annuel (généralement peu onéreux, entre 5 et 15 euros à vue de nez).

Il est vrai que constituer sa propre bibliothèque, chez soi, est plaisant. Nous aimons posséder nos livres, les annoter, les feuilleter, les prêter à nos amis (bien que ça ne me dérange pas du tout que des livres que j'emprunte en bibliothèque soient annotés par quelqu'un d'autre, au contraire). Ils nous rappellent des souvenirs : la personne qui nous l'a offert, le lieu où nous nous le sommes procuré.

Ceci-dit, pour des raisons financières évidentes mais aussi pratiques, notamment lorsque nous sommes étudiants et que nous déménageons régulièrement, les bibliothèques présentent bien des avantages.

Découverte qui m'a étonnée cette année : nous pouvons trouver des nouveautés en bibliothèque (mais nous y trouvons aussi des livres assez anciens, ce qui est tout aussi fabuleux de mon point de vue).

Pour ma part habitant en région parisienne, je dois dire que le réseau des Bibliothèques de la ville de Paris est particulièrement dense et satisfaisant. J'y trouve quasiment tout ce que je souhaite, je peux emprunter beaucoup de documents, je peux réserver des livres à l'avance pour gagner du temps, faire la liste de ceux que je souhaite lire plus tard sur leur site internet... Sachez aussi que vous pouvez « emprunter » des livres en format numérique dans certaines bibliothèques (certaines librairies vendent aussi des ebooks).

Bref, je vous encourage très sincèrement à profiter de cette chance que nous avons en France de pouvoir accéder à autant de livres simplement et gratuitement.
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L'idée de cet article m'est venue en lisant le manifeste de l'écrivain, critique littéraire et docteur en sciences humaines espagnol Jorge Carrión, publié par le Nouvel Attila et acheté pour la modique somme de 3 euros dans la librairie qui se situe à deux pas de chez moi. Son manifeste est intitulé « Contre Amazon » et prend place dans les vitrines des librairies au côté de Le Monde selon Amazon (Benoît Berthelot, éditions du Cherche Midi) publié récemment. 

Jorge Carrión, grand spécialiste des librairies (Librairies. Itinéraire d'une passion, éditions du Seuil), partage fréquemment des photos de ces lieux chéris sur son compte Instagram. Il expose dans son manifeste plusieurs arguments, qui se recoupent parfois mais le tout vaut le coup d'être partagé. 

Il y a tout d'abord l'argument de l'expropriation symbolique, lorsque des librairies ferment pour laisser place à de grandes chaînes multinationales. J'y vois une critique de l'homogénéisation des espaces marchands d'une part et une atteinte au patrimoine constitutif de nos villes et villages qui tendent à devenir interchangeables. 

Je pense aussi, si ce n'est évoqué qu'en sourdine dans le manifeste de Jorge Carrión, à la dimension écologique : il est évident que livrer des biens individuellement à des clients coûte bien plus d'énergie que les systèmes d'approvisionnement des librairies traditionnelles. Sans compter l'énergie utilisée par la simple existence de la plateforme en ligne et des données qu'elle engendre. Amazon a lancé récemment le service Amazon Prime Air dans quelques villes : un système de livraison par drones. La fameuse scène de la série Years and years montrant ce type de système ne relève donc pas tellement de l'anticipation.

Puis l'argument de l'effacement du facteur humain dans le fonctionnement de ce géant ; sur les conditions de travail, il me semble que le livre de Benoît Berthelot doit être plutôt éclairant. Sur l'idée d'un effacement global du facteur humain dans le fonctionnement des GAFAM, qui correspond à une véritable mythologie de la machine à la fin du XXe siècle (voir La Fin du travail, Jeremy Rifkin, éditions la Découverte, 1995) je vous invite à consulter les travaux d'Antonio Casilli sur les « micro-tâcherons », ces travailleurs précaires invisibles de notre côté qui travaillent dans l'ombre de l' « intelligence artificielle ».

De cet effacement du facteur humain découle, évidemment, une absence de médiation. Une librairie physique est un espace marchand mais aussi un espace d'échanges, un espace de rencontres, entre les libraires, les auteurs/autrices et les lecteurs/lectrices. De mon point de vue, cette dimension socio-culturelle explique aussi le fait que certaines personnes soient intimidées à l'idée d'entrer dans une librairie. Cette intimidation repose, selon moi, sur la question du sentiment d'appartenance (ou non) à ce groupe socio-économique transversal que constitue l'ensemble des personnes fréquentant les librairies (et les bibliothèques). Que peut-on faire ? (Quelques données pour relativiser ce propos personnel dans ce rapport sur les publics des librairies indépendantes bien que datant de quelques années et peut-être dans ce mémoire de Héloïse Marill : « Transmettre le livre : pratiques professionnelles en librairie et en bibliothèque »).

L'absence de médiation induit un mode de prescription spécifique. Jorge Carrión explique que le lecteur devient lui-même prescripteur sur Amazon puisque Amazon repose sur un algorithme : plus un livre est acheté, plus il est mis en avant, plus il est acheté. Le lecteur de manière général joue évidemment un rôle de prescripteur, même en dehors d'Amazon (en offrant des livres à Noël, justement, en parlant de sa dernière lecture au café ou à l'Université ou en publiant sur Instagram : je participe à cela). Sur Amazon la prescription émanant des lecteurs perd sa facette qualitative et émotionnelle pour n'être que quantitative : il ne s'agit que d'une base de données mathématiques et de chiffres de vente. Même dans ses librairies physiques ouvertes aux Etats-Unis (chose que j'ignorais), Amazon n'expose que les 5000 titres les plus vendus ; alors qu'une librairie traditionnelle peut posséder un fonds de 20 000 références. Il n'y a personne pour aller chercher au fond des rayons ces livres plus spécialisés, moins mis en scène, moins présents médiatiquement et qui ne plairont qu'à des publics réduits (a priori). Mais surtout, aucune place n'est accordée à ces livres là : ils deviennent invisibles. Quelle est la conséquence de cela ? Une concentration du marché, au détriment de la diversité éditoriale : les best-sellers prennent de plus en plus de places au détriment des livres qui intéressent des publics dits « de niche », souvent édités par de petites maisons d'édition (et en même temps, certains diront que justement, certains livres hyper-spécialisés ne se trouvent que sur Amazon ; j'ai quelques doutes, mais admettons). Il n'empêche qu'une non-représentativité des livres qui ne font pas les meilleures ventes sur une plateforme comme Amazon mènera à leur disparition. Et à une homogénéisation des lecteurs et lectrices qui finiront par lire tous et toutes les mêmes livres. Et donc, si on suit ce raisonnement, à une homogénéisation de nos systèmes de pensée, de réflexion, de nos rapports au monde ?

L'algorithme donne aux gens ce qu'ils ont déjà l'habitude de lire, voir, entendre, penser ; puisque les contenus qui leur sont proposés sont basés sur les contenus consultés précédemment. Dans une librairie physique aussi, il y a des techniques marketing qui reposent sur cette même idée : des livres placés les uns à côté des autres sur une table ; des meilleures ventes mis en avant sur une autre. Mais il reste une utopie, à laquelle je persiste à croire, qui est celle de la sérendipité : la possibilité de faire des trouvailles, à trouver ce que l'on ne cherchait pas. Pour cela encore faut-il prendre le temps de se laisser surprendre. Au-delà du sujet d'Amazon, je reconnais que moi-même je ne prends pas toujours ce temps là et même en librairie et en bibliothèque. Influencée de part en part par des sources croissantes de prescription (encore une fois : j'y participe avec mon compte Instagram), il ne m'arrive jamais de me rendre en librairie sans avoir une idée de ce que je veux y acheter. Et c'est vrai que lorsque je me contente de passer 5 minutes à la bibliothèque, le temps de récupérer les livres que j'ai réservés en ligne, je ne me laisse pas le temps de tomber sur des livres auxquels je n'avais pas pensé. J'en retire d'ailleurs bien moins de satisfaction.

Le manque de temps et la praticité sont les arguments majeurs des personnes qui achètent des livres sur Amazon : et je ne tiens pas à ce que mon discours soit moralisateur. Simplement, je vous invite à remettre en question cet impératif de « praticité » : est-ce que c'est vraiment une bonne chose que tout soit de plus en plus pratique ?

Dans son dernier argument sur la « lenteur accéléré », Jorge Carrión insiste sur la nécessité de prendre le temps de laisser notre désir grandir et s'installer en nous. Je veux un livre ; je le commande ; je le reçois dans les 2 jours ; je le lis dans les 2 jours suivant parce que surtout, il faut lire très vite ; je l'oublie à la fin de la semaine. C'est caricatural mais je crois que c'est assez réaliste. Cette logique consumériste ne s'applique pas seulement aux livres, évidemment ; nous sommes conditionnés à avoir tout tout de suite. Moi je trouve ça important d'apprendre à prendre le temps de fantasmer, chercher, demander, hésiter. Certains des livres que j'ai réservés à la bibliothèque, parce qu'ils sont très demandés, je ne les aurai que dans un mois, peut-être deux, peut-être trois. Mais tant mieux ? J'ai le temps de me demander si j'ai vraiment envie de les lire, comme ça, plutôt que de toujours céder à des impulsions. Dans son essai Chez Soi (Zones éditions, 2015), Mona Chollet relève le fait que le pratique n'est pas la valeur suprême : tout n'a pas à être pratique dans la vie. La praticité n'est pas nécessairement source de satisfaction et de sérénité. Le chapitre dans lequel se situe ce passage, intitulé « Une foule dans mon salon. De l'inanité des portes à l'ère d'Internet » est par ailleurs passionnant (comme l'essai dans sa globalité).  

Il y a sans doute bien d'autres arguments et des discussions à avoir. Mais si cela peut vous encourager d'une part à lire et d'autre part à encourager les métiers qui vous permettent de lire des livres qualitatifs (ne l'oublions pas, et quelle que soit la subjectivité derrière le mot « qualité »). A méditer...! 

Commentaires

  1. J'achète autant que je peux en librairie. Le problème en ce moment c'est que je ne sais pas ce que je veux comme bouquin, donc pour commander en librairie c'est un peu chaud, surtout que je cherche de la fantasy en ce moment et que les rayons sont pas hyper fournis, donc la dernière fois, n'ayant pas trouvé mon bonheur en librairie, je suis allée à la fnac. C'était pas folichon-folichon mais je suis repartie avec un paquet sous le bras (tout en retournant à la librairie pour le rayon livres en VO).
    Les bibli j'ai pas parce que j'aime garder les livres...

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    1. Je comprends que pour certains types de livres les librairies n'ont pas forcément beaucoup de références et/ou beaucoup de stock (pour plusieurs raisons : non-spécialisation, manque d'intérêt des libraires et/ou de la clientèle habituelle dans certains genres éditoriaux, etc). Peut-être que dans ce cas la meilleure option serait de se servir d'Internet (des sites que j'ai mentionnés dans cet article notamment) comme un moyen de prescription, pour trouver des références et ensuite les commander en librairie. Quant à la bibliothèque... C'est vrai qu'on se retrouve à posséder assez peu de livres et je sais que constituer sa bibliothèque chez soi est quelque chose de très important pour nous lecteurs/lectrices...! Ceci-dit, je suis personnellement dans une situation où je n'ai pas trop intérêt à accumuler trop de livres comme je ne suis pas dans un chez moi « durable ». Et puis l'idéal pour moi serait de n'acheter finalement que des livres qui comptent vraiment, que j'aurais envie d'avoir à portée de main, que j'aurais envie de prêter à mes proches etc. Et dans ce cas pourquoi pas les lire d'abord en bibliothèque avant de passer à l'achat, même si je n'ai encore jamais opté pour cette option ;) Merci pour ton commentaire !!

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    2. Je trouve que chercher un livre sur internet c'est super dur... déjà parce que même sur internet, il faut savoir ce qu'on veut (les algorithmes de proposition ne sont pas hyper développés) et puis bon, moi j'ai besoin de voir le livre, de le peser, de lire le résumé, de lire les premières lignes, etc. Faut que je le "sente", quoi, et ça je ne peux pas le faire sur internet et par exemple il y a un livre des éditions Mnémos qui me tente bien, mais je ne l'achèterai pas avant d'avoir pu confirmer "en vrai".
      Je préfère acheter et à la limite, revendre ou donner, etc. que de commencer par l'emprunt !

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  2. Je n'achète jamais rien sur Amazon (par conviction). J'essaie davantage d'aller en librairie, mais surtout de finir de lire la pile qui m'attend sur mes étagères (j'en ai pour un petit moment ahah). Sinon, dans le pire des cas, je vais à la Fnac, ce qui n'est pas la meilleure option j'en suis consciente.

    Bonne idée d'article en tout cas !
    Des bisous

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    1. C'est sûr que moi même je ne suis pas toujours minimaliste et j'ai une pile de livres non lus chez moi tout en continuant d'en emprunter/acheter, haha... Merci pour ton commentaire !

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