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Sélection

Pile à lire post-confinement #2 Ces livres féministes publiés à quelques jours du confinement

Chaque semaine, partager 5 livres que j'aimerais lire. Dans un futur non défini. Pour le moment j'ai le privilège d'avoir des livres sous la main. Oui, avoir des livres non lus sur ses étagères et sur celles de ses parents, c'est un immense privilège et bien le signe d'un certain patrimoine culturel. Je ne l'oublie pas. Alors ces livres que je mentionne, c'est plutôt pour l'après. Je vous invite au passage à lire l'article de Benoît Virot sur Mediapart, par lequel il apporte un regard critique sur la chaîne du livre et en particulier sur le positionnement de la presse littéraire depuis le début de la crise sanitaire. Son propos est intéressant, même si je ne suis pas entièrement d'accord avec ses arguments. De mon point de vue, il est important de continuer à faire exister les ouvrages dans l'espace public, de nouveauté et de fonds. 
Aujourd'hui j'ai pensé à ces ouvrages publiés juste avant le confinement, à ces ouvrages dont les st…

Remèdes culturels au quotidien

Il me semble que « Plaisir » est un mot trop personnel pour être synonyme de partage. C'est pourtant bien ce que je faisais dans mes articles « Plaisirs hebdomadaires » publiés idéalement chaque dimanche, dans les faits plutôt un dimanche sur deux ; partager des petites choses qui égayent les jours. Pour moi, majoritairement des choses issues de la « culture » ; livres, musiques, films, podcasts et émissions, expositions et pièces de théâtre. « Plaisirs hebdomadaires » était peut-être une expression trop abstraite, laissant penser qu'il s'agira de plaisirs personnelles voire intimes.  

Alors je suis revenue aux sources de cette idée de publier ces articles réguliers : l'émission Remède à la mélancolie, présentée par Eva Bester et elle aussi diffusée chaque dimanche. Les invités y parlent de ce qui les accompagnent dans leur quotidien mélancolique. Donc, j'essaye un nouveau titre pour signifier cette série de publications : « Remèdes culturels au quotidien ». Je crois que c'est plus parlant. 

1. Je suis allée voir le week-end dernier la pièce de théâtre Les Témoins à la Manufacture des Abbesses (Paris). On y suit la décadence de la rédaction d'un journal à partir de l'arrivée au pouvoir d'un président d'extrême-droite. La pièce s'articule principalement autour du décor de la salle de rédaction, théâtre en elle-même des bouleversements connus par la sphère journalistique. Sont abordées les questions du professionnalisme, de la transparence, de la censure, de la liberté de la presse, de la prétendue neutralité journalistique et de l'intégrité. L'ambiance est pour le moins qu'on puisse dire anxiogène, avec des personnages qui apparaissent sans cesse en conflit et perdent leur sang-froid. La pièce amène à réfléchir sur l'articulation entre la vie politique et ceux qui en rendent compte. Ce qui inquiète alors est la résonance particulière avec notre futur proche voire notre présent. Des réflexions sont aussi amenées sur le militantisme des journalistes et sur les raisons qui les amènent à faire ce métier tant noble que décrié. Si vous avez l'occasion de vous y rendre, sachez que les représentations sont prolongées jusqu'au 22 mars. 

2. J'ai écouté une émission qui m'a semblé particulièrement intéressante, sur la fabrique du mythe de la Parisienne. Etait invitée Emmanuelle Retaillaud, historienne et autrice du livre La Parisienne - Histoire d'un mythe. Du XVIIIe siècle à nos jours, à paraître aux éditions du Seuil le 20 février.  Emmanuelle Retaillaud s'intéresse à la construction de la figure de la Parisienne à travers la littérature et les arts et démontre les multiples enjeux de ce mythe : les relations entre Paris et la province, la place de la capitale Française dans le monde, l'articulation entre la mode et l'émancipation féminine et la montée du féminisme. Elle parle aussi à mon grand plaisir de Delphine de Girardin, femme de lettres et journaliste qui publiait sous un pseudonyme dans le journal de son mari ; une Parisienne symptomatique de son époque, sans doute.

3. Après avoir découvert avec attention le blog de la traductrice Laure Hinckel il y a quelques mois déjà, j'ai enfin entamé la lecture de sa dernière traduction, Solénoïde. Il s'agit d'un roman de Mircea Cărtărescu, auteur roumain que je ne connaissais pas jusqu'alors. Solénoïde raconte l'histoire d'un écrivain manqué, devenu professeur solitaire dans une école de quartier. Je ne suis pas assez avancée dans le roman pour juger de la qualité de sa narration mais je trouve que le style d'écriture est merveilleux, fluide et poétique. Chaque paragraphe est marqué par une attention aux petites choses, aux petits détails. Je vous laisse la quatrième de couverture pour finir de vous convaincre de vous plonger dans ce roman, finaliste du Prix Médicis et lauréat du Prix Transfuge 2019 du meilleur roman européen ; et vous invite fortement à consulter le blog de sa brillante traductrice, où elle fait part de son journal de traduction. 


« Chef-d’œuvre de Mircea Cărtărescu, Solénoïde est un roman monumental où résonnent des échos de Borges, Swift et Kafka. Il s’agit du long journal halluciné d’un homme ayant renoncé à devenir écrivain, mais non à percer le mystère de l’existence. Après avoir grandi dans la banlieue d’une ville communiste – Bucarest, qui est à ses yeux le « musée de la mélancolie et de la ruine de toute chose », mais aussi un organisme vivant, coloré, pulsatile –, il est devenu professeur de roumain dans une école de quartier. Si le métier le rebute, c’est pourtant dans cette école terrifiante qu’il fera trois rencontres capitales : celle d’Irina, dont il tombe amoureux, celle d’un mathématicien qui l’initie aux arcanes les plus singuliers de sa discipline, et celle d’une secte mystique, les piquetistes, qui organise des manifestations contre la mort dans les cimetières de la ville. À ses yeux, chaque signe, chaque souvenir et chaque rêve est un élément du casse-tête dont la résolution lui fournira un « plan d’évasion », car il ne s’agit que de pouvoir échapper à la « conspiration de la normalité ».


4. J'ai aussi écouté Initials B.B. de Serge Gainsbourg, beaucoup.




5. Enfin, deux articles qui m'ont paru intéressants, issus de deux médias que je vous conseille aussi fortement (les articles sont en libre accès sur La Vie des idées et vous pouvez découvrir Analyse. Opinion. Critique en accédant gratuitement à trois articles par mois) :

« Femmes de plume à l'écran », de Nadja Cohen, Laviedesidées.fr
« Contre Amazon, la librairie résiste et fait modèle » de Vincent Chabault, par ailleurs auteur d'Eloge du magasin (récemment paru aux éditions Gallimard). AOC média 

Commentaires

  1. En ce moment la culture, sous toutes ses formes, me fait beaucoup de bien. Je passe plus de temps au musée, je me suis remise à lire... Je passe aussi beaucoup plus de temps à m'occuper avec mes mains, en faisant de la peinture ou de la broderie. Ça me détend tellement !

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    1. La culture c'est aussi du temps pour soi, du temps en solitaire sans l'être complètement, les livres par exemple étant peuplés d'êtres et de sources de réconfort...! Je ne suis pas très « activité manuelle », enfin, pas que ça me déplairait mais je n'y ai pas été initiée disons, mais je ne doute pas des bienfaits de la broderie et la peinture, sur notre capacité de concentration, sur notre imagination... je vois ça - de loin, sans pratiquer - comme une forme de méditation active ! Merci pour ton commentaire :)

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