Sélection

Pile à lire post-confinement #2 Ces livres féministes publiés à quelques jours du confinement

Chaque semaine, partager 5 livres que j'aimerais lire. Dans un futur non défini. Pour le moment j'ai le privilège d'avoir des livres sous la main. Oui, avoir des livres non lus sur ses étagères et sur celles de ses parents, c'est un immense privilège et bien le signe d'un certain patrimoine culturel. Je ne l'oublie pas. Alors ces livres que je mentionne, c'est plutôt pour l'après. Je vous invite au passage à lire l'article de Benoît Virot sur Mediapart, par lequel il apporte un regard critique sur la chaîne du livre et en particulier sur le positionnement de la presse littéraire depuis le début de la crise sanitaire. Son propos est intéressant, même si je ne suis pas entièrement d'accord avec ses arguments. De mon point de vue, il est important de continuer à faire exister les ouvrages dans l'espace public, de nouveauté et de fonds. 

Aujourd'hui j'ai pensé à ces ouvrages publiés juste avant le confinement, à ces ouvrages dont les stocks attendent patiemment en librairie, à ces ouvrages presque morts-nés, qui n'ont pu bénéficier du traitement médiatique auquel leur maison d'édition pouvait prétendre. J'ai décidé de noter quelques titres, pour ne pas oublier de me les procurer à la sortie de la crise. Pour ne pas les oublier tout court.
Les sorties de plus de 5000 titres ont été décalées en dix jours de confinement, remises à plus tard. J'ai noté seulement 5 titres qui naturellement, si je les ai repérés au milieu de cette production démente, bénéficient certainement déjà d'un certain aura... Alors n'hésitez pas à me faire part des lectures que vous attendiez avant que la crise ne s'accélère.


1. Je suis une sur deux, sous-titré « J'ai eu de la chance, j'ai eu le bon viol...» de Giulia Foïs, aux éditions Flammarion. Giulia Foïs est journaliste, elle anime la très chouette émission « Pas son genre » sur France Inter. Elle raconte, dans cet ouvrage mêlant récit personnel, statistiques et analyses, le viol qu'elle a subi à l'âge de 23 ans. Galatée m'a convaincue un peu plus de me procurer ce livre nécessaire sans aucun doute. Pour en savoir plus, vous pouvez écouter ses propos ici ou lire cet article.

2. Le sexisme, une affaire d'hommes de Valérie Rey-Robert aux éditions Libertalia. Le jeudi 12 mars au soir, j'assistais à une rencontre en librairie avec Valérie Rey-Robert. Dernière rencontre en librairie. Je n'ai pas pris le temps de me procurer son ouvrage tant j'étais distraite par ce qui s'annonçait dehors. Valérie Rey-Robert est connue pour son blog, qu'elle anime sous le pseudo « Crêpe Georgette » et pour son ouvrage Une culture du viol à la française. Dans son dernier essai, elle invite à penser la socialisation des hommes, dès le plus jeune âge, et prône une « dévirilisation » de la société. Je vous invite à lire l'avis détaillé de Diane du blog Va plutôt jouer dehors ! sur ce bouquin.  

3. Notre corps, nous-mêmes du collectif NCNM aux éditions Hors d'atteinte. Sorti en librairie le 20 février, cet ouvrage a eu un petit peu le temps d'exister dans les rayons et dans les médias. Il s'agit d'une réédition d'un ouvrage oublié depuis quelques années, mais qui avait été initialement publié en 1970 aux Etats-Unis sous le titre « Women and their Bodies ». L'idée de départ est de démontrer que l'intime est politique, en proposant un ouvrage pédagogique et émancipateur à l'usage de femmes de tous les âges. Je vous suggère l'article de Chloé Leprince sur France Culture, dans lequel elle raconte l'histoire de ce livre. Au départ publié sur du papier journal pour être imprimé et distribué à moindre coût, il se présente aujourd'hui sous la forme d'un véritable manuel illustré entièrement réactualisé, mêlant témoignages et données scientifiques. 

4. Un loup quelque part d'Amélie Cordonnier aux éditions Flammarion. Amélie Cordonnier y met en scène une femme paniquée à l'idée de ne pas parvenir à aimer son deuxième enfant. Un ouvrage abordant la question du rapport à la maternité, sujet de plusieurs ouvrages dernièrement tels que Le corps d'après de Virginie Noar (éditions François Bourin) ou L'Effet maternel de Virginie Linhart (éditions Flammarion). 

5. Rouge pute de Perrine Le Querrec aux éditions La contre allée. Cet ouvrage est présenté comme un recueil de récits de femmes à la marge, de paroles brutes sur des expériences de l'ordre de l'indicible, le tout dans un genre qualifié de « poésie documentaire ». 


Commentaires

Articles les plus consultés